Approche participative, approche coopérative

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Démocratie participative, développement participatif, recherche-action participative… Tous ces termes apparemment novateurs possèdent un lien de parenté avec « !l’observation participante ! », une méthode d’investigation préconisée en anthropologie culturelle et sociale, depuis B. Malinowski (1884-1942), pour se substituer aux enquêtes basées sur des questionnaires. Le chercheur est supposé abolir la distance avec l’objet de son étude en devenant lui-même un « !acteur ! » de la culture qu’il étudie. Le musicologue, par exemple, devient un apprenti musicien parmi d’autres. !L’observation participante met en exergue les dimensions subjectives et réflexives de l’enquête de terrain ! : l’observateur, par sa présence même, n’influe-t-il pas sur les faits observés !? N’est-il pas lui-même un sujet d’observation !? Ce changement de perspective a suscité un renversement fondamental des méthodes et des motivations des chercheurs en sciences humaines, dans un contexte de « !décolonisation du savoir ! ».

Mais l’approche participative, aujourd’hui devenue une « tarte à la crème » de la citoyenneté — de l’extrême gauche à l’extrême droite — devrait être analysée avec un regard critique dans son fonctionnement sur le terrain. En effet elle est le plus souvent pratiquée « de haut en bas », des experts vers les bénéficiaires, et bien plus rarement de bas en haut dans un véritable processus démocratique. Guy Poitevin (1934-2004) a introduit le terme d’approche !coopérative ! pour désigner le processus ascendant. C’est ce processus de « démocratisation active » qui a été expérimenté en Inde par les groupes d’animation sociale deVCDA et théorisé par le CCRSS. L’article ci-dessous expose les grandes lignes de l’approche coopérative en la comparant, dans le travail d’animation sociale/politique, à l’approche participative (descendante).